mardi 17 janvier 2023

ARTEMISIA ANNUA

 ARTEMISIA ANNUA


ARTEMISIA ANNUA

L'Artemisia prête à l'infusion
environ 4g/l
5 minutes dans l'eau frémissante.
Laisser infusé 15 minutes hors feu. 



Belle plante facile à faire pousser aux pouvoirs incroyables!
Pour ceux qui ont la chance de pouvoir s’en procurer, une simple infusion, 3 fois par jour, là aussi en alternance une semaine sur deux, ou en cure de trois semaines puis pause, apporte un effet global assez intéressant qui se traduit par une sorte de « bonne forme générale ».

Le 23 mai 1967, en pleine guerre du Vietnam, Ho Chi Minh, le chef des Viêt-Cong, mobilise 600 chercheurs pour trouver un traitement à la malaria, qui ravage la population.

Deux ans plus tard, l’un d’eux trouve… le Graal : l’Artemisia annua, une plante oubliée de la médecine orientale.

Elle tire son pouvoir de son principe actif, l’artémisinine.

Cela marche sur les troupes Viêt-Cong, dont le taux d’infection chute brutalement.

Aujourd’hui, 5 traitements de référence contre la malaria, l’amodiaquine, l’artéméther, luméfantrine, la méfloquine et la primaquine, ont pour base cette substance.

Sa re-découverte a même valu à la chercheuse chinoise Youyou Tu un prix Nobel de médecine !

Mais nos Autorités de Santé se contredisent : si l’OMS recommande l’artémisinine dans les médicaments, elle déconseille aux gens d’en faire des tisanes.

Les autorités de Madagascar en font les frais en avril 2020, lorsqu’ils promeuvent le CVO, une tisane antivirale à l’artémisinine, contre le Covid-19.

Le pays est la risée du monde entier. On montre à la télévision, pour en rire et soupirer, des militaires malgaches livrant des cartons entiers d’Artemisia Annua aux écoles.

Coïncidence ou pas, un an plus tard, ce pays compte seulement 861 morts pour 26 millions d’habitants, alors même que 40% de la population aurait été exposée au virus.

Validée par la science… Et combattue par les politiques

Les défenseurs de l’Artemisia Annua ont multiplié les études scientifiques :

  • En Allemagne, des chercheurs indiquent que 4 molécules de l’Artemisia empêcheraient le virus de pénétrer nos cellules ;
  • En Californie, on soutient que l’artémisinine évite la propagation du virus ;
  • Et en juillet dernier, une équipe affirme que l’Artemisia serait plus efficace que l’hydroxy-chloroquine pour traiter la COVID ;

Alors peut-être vous posez vous la question… « Est-ce que j'aurais du prendre de l’Artemisia Annua ? »

Le problème est que cette plante n’est pas disponible à la vente en France. Les autorités médicales nous mettent en garde : elle pourrait être « toxique » !

Cela trahit la méfiance de nos autorités vis-à-vis de toute solution naturelle… non vaccinale ! Pour elles c’est clair : seul le vaccin est valable !

Utilisation pour le cancer

un protocole qui semble cohérent avec 3 cycles d'environ 23 jours commençant par une courte prise d'extrait d'artemisia annua titré en artémisinine et 21 jours d'hydroxycitrate + R sodium lipoate, des conseils alimentaires qui n'empêchent pas de recourir à des soins classiques comme par exemple la radiothérapie

La Dictature qui voulait faire triompher la médecine traditionnelle

Nous sommes à Pékin en 1955.
 
Tu Youyou vient de terminer ses études de pharmacie. Passionnée de médecines traditionnelles, elle décide de compléter son cursus par une formation en Médecine Traditionnelle Chinoise.
 
Deux ans et quelques mois plus tard, doublement diplômée, elle devient professeur à l’Académie Chinoise de médecine traditionnelle.
 
A cette période, la Chine connaît une recrudescence des cas de paludisme. Le traitement « traditionnel » jusqu’ici utilisé, la chloroquine, a perdu de son efficacité.
 
Dans le même temps, les Vietnamiens du Nord, alors en pleine guerre contre les États-Unis subissent de plein fouet le fléau de la malaria (ou paludisme).

Leurs soldats meurent davantage sous les piqûres de moustiques que sous les balles américaines. Alliés aux Chinois, c’est vers eux qu’ils se tournent pour demander de l’aide.
 
En soutien à son voisin et allié, Mao décide donc, en 1967, de lancer un projet secret sous le nom « projet 523 » (nom de code lié à la date de lancement du projet, un 23 mai). Son objectif est simple : trouver un remède de la médecine traditionnelle chinoise contre le paludisme.
 
Idéalement, avant que les Américains n’en trouvent eux-mêmes un nouveau…

6 mois confinée pour trouver le remède

C’est Tu Youyou qui est choisie dès 1969 pour diriger ces recherches.

Pendant 6 mois, elle est presque confinée dans son laboratoire de la province de Hainan. Ses journées sont intégralement dédiées à sa recherche. Elle a laissé sa fille de 4 ans à Pékin et son mari est envoyé dans un camp de travail.
Tu Youyou, dans son laboratoire
 
Madame Tu se livre à un travail colossal : elle passe en revue plus de 2000 recettes de remèdes traditionnels et sélectionne 380 extraits de plante qu’elle teste sur des souris.

Parmi ces extraits, l’un d’entre eux semble montrer des résultats intéressants, c’est l’artémisinine, un des principes actifs de la plante Artemisia annua (armoise annuelle)
.
L'Artemisia annua peut atteindre 3 mètres de haut !
 
Mais Tu Youyou peine à établir une posologie efficace. Elle teste donc d’abord l’extrait sur elle-même. Et quand elle estime avoir obtenu des résultats stables, elle se décide à l’administrer à de vrais patients. 

Les résultats sont d’emblée là : en 30 heures, la fièvre des patients diminue et le nombre de parasites dans le nombre sang recule.

Tombée dans l’oubli pendant 50 ans

Depuis, l’artémisinine est passée dans la pharmacopée classique1 (médicaments ACT)… mais le nom de sa découvreuse, lui, est resté dans l’oubli.
 
Si bien qu’en 2005, lors d’un congrès sur la malaria en Chine, lorsque Louis Miller, chercheur américain sur le paludisme, demande à ses collègues chinois qui est à l’origine de cette découverte… personne n’est capable de répondre !
 
Il faudra plusieurs mois de recherches parmi des documents longtemps classés secret pour retrouver la trace de Tu Youyou… toujours affairée à ses recherches sur la fameuse plante dans son laboratoire de Pékin.
 
Dix ans plus tard, en 2015, elle obtient enfin le Prix Nobel pour sa découverte.
 
Mais l’histoire ne s’arrête pas là.
 
Alors que Tu Youyou s’apprêtait à recevoir le prix Nobel pour ses recherches sur l’artémisinine, on découvrait trois choses encore plus surprenantes :
  • La plante entière Artemisia annua (on dit aussi le « totum » de la plante) serait 3,5 fois plus efficace que des traitements à base d’artémisinine seule, pour aider à lutter contre le paludisme2,
  • Une autre plante de la même famille, Artemisia afra, aurait la même efficacité contre le paludisme… alors même qu’elle ne contient PAS le fameux principe actif l’artémisinine2,
  • L’huile essentielle d’Artemisia annua aurait des propriétés encore plus intéressantes que l’extrait de plante simple. Vous pouvez découvrir le pouvoir incroyable des huiles essentielles en cliquant ici

L’huile essentielle plus forte que ses dérivés chimiques

Plusieurs études ont déjà démontré les effets de l’huile essentielle d’Artemisia annua.
 
Une équipe de chercheurs français a notamment observé en 2002 qu’elle était capable d’inhiber le candida albicans
3.

Plus récemment, un article scientifique
4 passait en revue tous les bienfaits trouvés à cette huile essentielle depuis une dizaine d’années. Et ils sont nombreux.

Elle agirait contre :
  • la listeria,
  • la salmonelle,
  • la bactérie klebsiella,
  • le staphylocoque doré,
  • ou encore Aspergillus fumigatus, un champignon responsable de maladies nosocomiales mortelles chez les personnes immunodéprimées.
Il se pourrait même que cette huile essentielle ait des propriétés anticancer5… Mais sur ce sujet, les recherches manquent encore.
 
C’est grâce à Pascale Gélis-Imbert que j’ai découvert cette incroyable huile essentielle au profil prometteur.

Rappelons que le paludisme tue encore 500 000 personnes par an dans le monde
6. Et que bon nombre de nos lieux de destination de vacances nous exposent à ce risque…
 
Cette huile essentielle est pour moi un beau symbole du potentiel incroyable de l’aromathérapie.
 
 
Laurent des Éditions Nouvelle Page
 

Sources : 
1 https://www.who.int/malaria/areas/treatment/overview/fr/
2 J. Munyangi, L. Cornet-Vernet, M. Idumbo, C. Lu, P. Lutgen, "Artemisia annua and Artemisia afra tea infusions vs. artesunate-amodiaquine (ASAQ) in treating Plasmodium falciparum malaria in a large scale, double blind, randomized clinical trial" ; Phytomedicine : international journal of phytotherapy and phytopharmacology, ISSN: 1618-095X, Vol: 57, Page: 49-56 ; avril 2019
3 F. Juteau, V. Masotti, J.M. Bessière, M. Dherbomez, and J. Viano, "Antibacterial and antioxidant activities of Artemisia annua essential oil", Fitoterapia, vo. 73, no. 6, pp. 532-535, 2002
4 Bilia, Anna & Santomauro, Francesca & Sacco, Cristiana & Bergonzi, Maria & Donato, Rosa. (2014). "Essential Oil of Artemisia annua L.: An Extraordinary Component with Numerous Antimicrobial Properties". Evidence-based complementary and alternative medicine : eCAM. 2014. 159819. 10.1155/2014/159819.
5 T. Efferth, "From ancient herb to modern drug : Artemisia annua and artemisinin for cancer therapy", Seminars in cancer biology, Elsevier, October 2017
6 Inserm « Grandes tueuses : la paludisme »